100 ans du mouvement Bauhaus
Un héritage empreint de modernité

A

 l’origine le Bauhaus est une école d’art née en Allemagne en 1919 durant la période troublée qui suivit la fin de la première guerre mondiale, et s’inscrit dans l’histoire des mouvements artistiques novateurs du début du XXème siècle. Entre 1901 et 1914 l’architecte Belge Henry Van de Velde fonde à Weimar l’institut des arts décoratifs et industriels. Forcé de démissionner dans le contexte d’avant guerre pour cause de nationalité il recommande Walter Gropius comme successeur. En 1919, en réponse à ces années de guerre, de destructions et de déchirement des peuples, Walter Gropius transformera cet institut en véritable Bauhaus (signifiant littéralement la « maison du bâtir ») inculquant une nouvelle philosophie à l’art et l’architecture. 

On ne peut comprendre le Bauhaus si on ne se remet pas dans le contexte d’après guerre de l’époque : tout est à reconstruire ! Les bâtiments certes mais aussi et surtout le rêve d’unification des peuples et, pour Walter Gropius, ce rêve passe par l’art. Sa volonté de construire un monde meilleur passe par les artistes et artisans qui doivent être les acteurs de ce changement. 

Le Bauhaus est donc à la base une école d’art complètement atypique qui rêve de réformer l’enseignement pour mettre en œuvre des idées révolutionnaires.

Marcel Breuer, fauteuils «Wassily» 1926

E

n 1919, Walter Gropius écrit un manifeste dans lequel il déclare : « Le but final de toute activité plastique est la construction ! […] Architectes, sculpteurs, peintres ; nous devons tous revenir au travail artisanal, parce qu’il n’y a pas d’art professionnel. Il n’existe aucune différence essentielle entre l’artiste et l’artisan. […] Voulons, concevons et créons ensemble la nouvelle construction de l’avenir, qui embrassera tout en une seule forme : architecture, art plastique et peinture […] ». Quelques années plus tard, Gropius clarifie encore son objectif

en déclarant « L’art et la technique, une nouvelle unité ». Lorsque Walter Gropius crée cette École, il souhaite faire renaître une communauté de travail aussi exemplaire que celle des loges médiévales qui réunissaient les artistes de toutes spécialités (des architectes, sculpteurs, artisans divers). Pour ce faire il mélange les nationalités, les cultures et les disciplines et fait appel pour enseigner aux plus grands artistes (maîtres) de l’époque : on trouve des architectes et designers, comme Marcel Breuer ou Ludwig Hilberseimer, des peintres, comme Vassilly Kandinsky et Paul Klee mais aussi des photographes et des scénographes.

Tables gigognes avec un plaquage
en frêne, créées par Josef Albers
en 1927


Cette école située à Weimar est poursuivie par les affres de l’histoire : avec l’arrivée des nazies au pouvoir l’école perd ses subventions, ses grands maîtres sont chassés, l’école est dissoute. Considéré comme de « l’art dégénéré » par les nazis l’école tente quelques réouvertures à Dessau puis à Berlin mais ce ne sera que de courte durée, ses membres doivent fuir et émigrent pour la plupart aux Etats-Unis et à Tel-Aviv. L’aventure du Bauhaus n’aura duré que 14 ans mais touche les coeurs depuis maintenant 1 siècle. 

Pour fêter cet événement qui sera célébré tout au long de l’année 2019, et en résonance avec le festival inaugural à Berlin, le Goethe-Institut de Bordeaux vous propose, jusqu’au 16 avril, l’exposition Architectures du Bauhaus du photographe munichois Hans Engels. Ces photos montrent les immeubles tels qu’ils sont aujourd’hui. Ainsi, le lien entre passé et présent invite à la réflexion et au voyage.