Banksy

Reconnu par ses pairs comme le meilleur artiste britannique vivant, son identité n’a pourtant jamais été révélée.

Artiste de rue, peintre et réalisateur, il commence sa carrière par des oeuvres au pochoirs réalisées dans la rue. Il expliquera son choix du pochoir parce que à ses débuts, il travaillait trop lentement et se faisait toujours prendre en flagrant délit par la police. Les pochoirs lui permettent de travailler beaucoup plus rapidement sur les lieux, puisqu’une partie du travail peut être préparée. Son travail est très fortement inspiré du pochoiriste français Blek Le Rat, considéré comme l’un des pionniers du street-art. Il lui doit notamment sa technique et son personnage emblématique du rat.

Dissimulant sa véritable identité, Banksy est entouré de mystère. Tout le monde s’accorde à dire qu’il serait né à Bristol en 1974 où il faisait partie d’un gang de graffeur, le « Drybread Crew » (littéralement « l’équipage du pain sec »). Pour les uns il se nommerait Robert Banks ou Robin Gunningham selon une enquête scientifique incluant le visionnage de caméras de surveillance qui aurait été faite. Pour les autres il s’agirait du leader du groupe Massive Attack, Robert Del Naja. En effet en 2017 le DJ Goldie aurait accidentellement révélé le prénom « Robert » comme étant celui de Banksy ce qui permis au journaliste Craig Williams de faire le rapprochement entre les emplacements et dates de création des œuvres de Banksy et les dates de tournée du groupe de musique. Le leader de Massive Attack réfute cette théorie mais révèle qu’ils sont amis. Banksy dissimule donc très soigneusement son identité qui n’a jamais été révélée depuis le début de sa carrière. Il passe par l’agence Pest Control et les réseaux sociaux pour authentifier ses oeuvres. 

Contestataire dans l’âme, Banksy marque ses oeuvres par une volonté de faire passer un message, mêlant subtilement politique, humour et poésie. 

— Distribution de faux billets de 10 livres dont l’effigie de la reine d’Angleterre et l’estampille « Bank of England » sont remplacées par celle de Lady Diana et l’annotation « Banksy of England ». Aujourd’hui, certains exemplaires de ces billets circulent encore sur le marché de l’art.

— Intrusion dans l’enclos des manchots du zoo de Londres pour y peindre en lettres de 2 mètres de haut : « We’re Bored of Fish » (« On en a assez du poisson »). Même intrusion  au zoo de Bristol dans l’enclos des éléphants avec le message « I want out. This place is too cold. Keeper smells. Boring, boring, boring. » (« Je veux sortir de là. Il fait trop froid ici. Le gardien sent mauvais. Je m’ennuie, je m’ennuie, je m’ennuie. »)

— Pour dénoncer l’absurdité de la spéculation du marché de l’art il installe incognito un stand éphémère sur le trottoir de Central Park pour y vendre certaines de ses œuvres à 60 $ pièce. Durant cette journée il vend ses œuvres à des passants qui pensent acheter un faux. 

Aujourd’hui, chacune de ces œuvres vaut près de 20 000 $ aux enchères.

— Présent à Calais pour montrer son engagement il réalise plusieurs œuvres sur la crise des migrants. Un portrait de Steve Jobs défraye notamment la chronique. En représentant le créateur d’Apple portant un ordinateur et un baluchon, Banksy rappelle que celui-ci est le fils d’un immigré Syrien, arrivé aux États-Unis dans les années 1950.

— Le 20 juin 2018, journée mondiale des réfugiés, il commence à réaliser une série d’oeuvres à Paris qui dénoncent la politique du gouvernement français sur la question des migrants, le capitalisme ou qui rendent hommage aux victimes du Bataclan. Il revendique plusieurs œuvres sur Instagram, indiquant en description : « 50 ans après les événements de mai 1968 à Paris. Là où est né l’art du pochoir moderne ». Pour stopper les dégradations importantes que subissent ces installations, des plaques de plexiglas sont installées par des galeristes. 

Et enfin en octobre 2018, il fait mondialement parler de lui avec son oeuvre « the Girl and Balloon » (« la fille et le ballon ») qui créé la stupeur en s’auto-détruisant lors de sa vente aux enchères chez Sotheby’s à Londres.

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(Banksy révèle comment il a enclenché la destruction de son oeuvre à distance – banksyfilm)

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