La basket, bien plus qu’un mode de vie

Chaussure la plus vendue au monde, elle inonde les podiums de la mode et même du luxe. Portée par les plus grandes stars en toutes circonstances : la basket ou sneaker est l’accessoire de mode indispensable. 

Son histoire remonte aux années 1920. Avec l’utilisation intensive du caoutchouc dans l’industrie depuis la fin du 19ème siècle, c’est la société automobile Uniroyal, qui dispose également d’une filiale spécialisée dans la chaussure (la Keds), qui va créer en 1916 la toute première paire dotée de semelles flexibles. 

Commercialisée à partir de 1917, elle marqua les esprits grâce à son confort et sa discrétion assurée par cette fameuse semelle en caoutchouc surmontée d’une tige en toile. Cette chaussure fut très vite surnommée « sneaker » qui vient de l’anglais « to sneak on » et qui signifie « approcher par surprise ». Terminés les clac-clac des talons et talonnettes en cuir ou en métal qui résonnent dans les couloirs, la première chaussure confortable et discrète est née. Converse créera la même année une paire plus proche des modèles contemporains, la Chuck Taylor All Star. 

Depuis la sneaker a fait son chemin devenant même un temps un symbole de contestation contre la ségrégation qui sévissait aux États-Unis et dans le reste du monde. Aux JO de Mexico en 1968, les coureurs noirs américains Tommie C. Smith et John Carlos termineront respectivement 1er et 3e du 200 mètres. A leur montée sur le podium, ils lèveront leur poing gauche ganté et retireront leur paire de PUMA Suede, symbole de leur appartenance au mouvement Black Panther. 

Plus tard la guerre des marques sévit toujours mais uniquement dans le monde du sport. Puma, Adidas (les deux frères devenus concurrents ennemis) et Nike en tête prirent d’assaut le marché de la basket laissant Keds et Converse loin derrière eux. Nike remporta son titre de légende après avoir signé en 1984 son fructueux contrat avec le basketteur Michael Jordan et créé la Air Jordan 1 devenue mythique aujourd’hui. 

Encore essentiellement confinée au monde du sport, la basket est encore loin des paillettes des Fashion Weeks et des podiums.

En 1986 le groupe de rap
RUN-DMC sort son troisième album, « Raising Hell », dont l’un des titres à succès est « My Adidas ». Cet album est un énorme succès commercial mais également culturel car pour la première fois le Madison Square Garden à New-York accepte d’accueillir ce genre de musique. Certain affirme que RUN-DMC avait profité de ce concert pour faire un pari déroutant avec la marque Adidas : leur prouver qu’un rappeur pouvait, à l’instar de ce que Michael Jordan était à Nike, être un modèle pour un équipementier sportif et faire sortir la basket des salles de sports. Et c’est une scène totalement étonnante qui se produit ce soir là. RUN-DMC entonne « My Adidas » en enlevant une des ses chaussures, une Adidas modèle « SuperStar » et la lève au dessus de sa tête. C’est alors que les 40 000 spectateurs l’imitent aussitôt. Dans les coulisses d’après concert, RUN-DMC signe le premier accord financier entre un équipementier sportif et un rappeur qui donnera naissance à la fameuse chaussure « superstar DMC »… pari gagné ! Cette rencontre permet à Adidas de conquérir le monde de la culture. 

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(Run DMC + Patrick Ewing – « My Adidas » (Adidas USA Promo) 1986)

Il ne faudra plus attendre bien longtemps avant que la basket devienne l’accessoire incontournable de toutes les stars et grands couturiers et connaisse un succès international. Aujourd’hui, même si elles disposent de formes et de technologies en tous points similaires à celles utilisées par les athlètes, toutes ces baskets sont exclusivement portées à la ville et sont ce que l’on appelle des « sneakers ».

La marque Nike lui emboîtera vite le pas en se souvenant notamment que c’est avec l’athlétisme qu’elle connut ses premiers succès. Ses fondateurs créèrent la toute première paire à la fois moderne et adaptée à la pratique du running, accessible au public et plus seulement aux sportifs : la Air Max 1 et sa fameuse bulle d’air. 

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