Le patrimoine architectural du bassin d’Arcachon sous le signe de l’audace et de l’éclectisme

«Hier désert, aujourd’hui village, demain cité », telle était la devise édictée par le premier maire d’Arcachon en 1857,  année qui voit l’arrivée du chemin de fer à Arcachon et, avec elle, le lancement d’un ambitieux projet : la construction de la Ville d’hiver. Avant cette date, Arcachon se résume à quelques cabanes de pêcheurs construites sur les rives du Bassin. Profitant de la mode émergente des stations balnéaires et de l’arrivée du train, les frères Pereire, financiers bordelais, vont fonder la « ville d’hiver ». Sa construction débute en 1862, selon un plan global dont la conception revient en partie au jeune Gustave Eiffel. En l’espace de 3 ans, ses principaux édifices de loisirs sont élevés : Casino, Grand Hôtel, … De quoi attirer les riches aristocrates et bourgeois auxquels sont destinées les somptueuses villas disséminées le long d’allées arborées dont les sinuosités ont été réfléchies pour retenir les vents marins.

Chalets suisses, palais mauresques, manoirs gothiques, maisons néo-landaises, cottages anglais, demeures coloniales, les villas empruntent à des inspirations variées, encouragées en cela par le cahier des charges qui ne pose aucun frein à la créativité des architectes. L’autre facteur majeur d’harmonie entre ces demeures tient à la richesse décorative de leurs façades. Souvent polychromes, car faites d’appareillages de pierres, de briques et de bois, les façades arborent des cabochons, des céramiques, des briques vernissées, ou encore des médaillons en faïence, tandis que leurs balcons et rives de toits s’ornent de dentelles en bois découpé. Epis de faîtage, noues et girouettes couronnent enfin leurs toitures aux formes couramment asymétriques.

Une agence bordelaise d’architectes a particulièrement imprimé sa marque sur les rives du Bassin. Fondée en 1955, elle associe quatre architectes majeurs : Yves Salier, Adrien Courtois, Pierre Lajus et Michel Sadirac, fondateurs de ce qu’il est convenu d’appeler
« l’école bordelaise d’architecture ». Très inspirés du mouvement Bauhaus et de l’architecture californienne d’un Franck Lloyd Wright ou d’un Craig Ellwood, ils en ont réinterprété les codes et les principes afin de les adapter aux paysages locaux

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